lundi 22 septembre 2014

L’inquiétante étrangeté des neurosciences


As a stranger then give it welcome. There are more things in heaven and earth, Horatio, than can be dreamt of in your philosophy. 
Hamlet I, V. Shakespeare


Aussi comme à un étranger, fais lui bon accueil. Il y a plus de choses au ciel et sur terre Horatio que ne peux en rêver votre philosophie. 

Dans la rubrique Sciences de son édition du 13 septembre 2012, Le Monde publiait un article intitulé : "Déjà vu": Quand le présent est un souvenir, rapportant le cas de trois personnes ayant été confrontées à ce sentiment de « déjà-vu », l’un considéré comme « normal » et les deux autres qualifiés de « déjà vu épileptiques ».

Philipe, 23 ans, débarquant à Londres pour assister aux J.O d’été en juillet dernier « a soudain l'impression d'avoir déjà vu cette jolie volontaire qui lui demande de prendre à droite vers les sites de compétition. Il a également le sentiment de connaître ce gaillard, assis sur une grande chaise d'arbitre, qui s'adresse à la foule avec un mégaphone. Il est gagné par l'impression de savoir à l'avance ce que ce type va lancer au passage de son petit groupe particulièrement bruyant : "Ce n'est pas l'heure de prendre une tasse de thé ! On continue tout droit. On ne crée pas de bouchons. Hé, salut les Français !" Stupéfait, il a le sentiment d'avoir déjà vécu toute la scène, mais il sait bien que c'est impossible. » Et le journaliste de préciser que Philippe était « fatigué par un job d'été qui l'a accaparé jusqu'à la dernière minute, anxieux à l'idée de ne pouvoir assister à certaines épreuves dès son arrivée… » et que « ce "déjà-vu" dit normal, qui se produit le plus souvent chez le jeune adulte, plus rarement après 40 ans, est favorisé par la fatigue et le stress. »


Second cas : cette fois-ci, le « patient souffre d’épilepsie du lobe temporal et les troubles ont débuté en juin dernier : « Chez ce pompier de 42 ans, tout commence par une dépression liée à de sérieux différends avec sa hiérarchie et qui lui valent une mise à pied. Sur ce fond dépressif qui dure depuis le début de l'année viennent se greffer depuis cinq mois des épisodes de déjà-vu à répétition. D'une durée d'une minute trente à deux minutes, bien supérieure à celle d'un déjà-vu normal, ils sont particulièrement désagréables car ils s'accompagnent d'angoisse qui laisse place à une sensation de "dépersonnalisation", un sentiment d'irréalité et d'étrangeté par rapport à son propre corps. »

Une IRM « révèle une anomalie de l'hippocampe droit associée à une malformation majeure d'une région adjacente, le cortex entorhinal, une structure située sur la face interne du lobe temporal. Le traitement antidépresseur est interrompu et remplacé par un traitement antiépileptique qui soulage très rapidement le patient. »

Le troisième cas concerne un ancien militaire parachutiste, paralysé d'un côté et dépressif. « Son épisode de déjà-vu survient alors qu'il roule en voiture, extrêmement contrarié à la suite d'une grave dispute avec son épouse, raconte le docteur Cretin, médecin du département de neurologie des hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il est pris d'une sensation de déjà-vu qui va se poursuivre par une réminiscence, rappel d'un souvenir ancien sous la forme d'une hallucination visuelle. Il va vivre une scène qu'il avait déjà vécue lorsqu'il était jeune militaire. Lors de ce flash-back, il a l'impression d'être à bord d'un avion qu'il pilote et que sa voiture va décoller. C'est une sensation qu'il décrit comme quasi orgasmique, jusqu'à ce que la réalité s'impose à lui, la voiture quittant la route et se retrouvant dans un champ. L'IRM cérébrale montrera, là aussi, l'existence d'une anomalie morphologique du cortex entorhinal. Comme dans le cas précédent, le diagnostic est celui d'une épilepsie du lobe temporal médian…Mis sous traitement antiépileptique, Fabien ira jusqu'à exprimer "un certain regret de ne plus pouvoir éprouver un tel déjà-vu". »

Le journaliste poursuit en précisant que « depuis les années 1990, grâce aux outils modernes des neurosciences » le « déjà-vu » fait l’objet de recherches auxquelles se consacrent un petit nombre de chercheurs et cliniciens en neuropsychologie, épileptologie, électrophysiologie, neurophysiologie clinique et imagerie cérébrale. La première conférence scientifique entièrement consacrée au phénomène les a réunis récemment à Marseille et il y a été indiqué qu’ « …il est ainsi possible d'étudier les mécanismes qui sous-tendent le déjà-vu chez les patients qui font des crises d'épilepsie du lobe temporal déclenchées par une "zone épileptogène" du lobe temporal médian. Ces crises sont responsables, chez 20 % de ces patients, de la survenue d'un déjà-vu lors de la phase initiale de la crise. » Et que « l'épilepsie du lobe temporal médian peut être traitée par chirurgie, la zone épileptogène nécessitant d'être identifiée lors d'un bilan préchirurgical au cours duquel on stimule les structures du cerveau suspectées au vu des signes cliniques, de l'électroencéphalogramme et de l'IRM. Ces stimulations intracérébrales peuvent elles-mêmes parfois induire un déjà-vu chez des patients qui n'en font pas spontanément pendant leurs crises. » D’ailleurs « "la stimulation des cortex rhinaux induit un déjà-vu dans près de 15 % des cas, alors que la stimulation de l'hippocampe ou de l'amygdale ne le provoque que dans environ 5 % des cas, indique le professeur Patrick Chauvel (Inserm, université d'Aix-Marseille). Nous en avions conclu que le déjà-vu était associé à une dysfonction des cortex rhinaux, structures spécifiquement impliquées dans le processus de familiarité, qui permet de savoir qu'on a vu précédemment un visage, une image…»

Mais, last but not least, « nos plus récents résultats, publiés par le professeur Fabrice Bartolomei, en mars, dans Clinical Neurophysiology, montrent que cette hypothèse, simpliste, était incomplète. »

Car, comme on n’arrête pas le progrès, des investigations plus poussées ont été menées et « lors d'explorations électrophysiologiques avec des électrodes introduites, sous anesthésie, en profondeur dans le cerveau de patients épileptiques, ces chercheurs ont analysé, après réveil du patient, l'activité des structures du lobe temporal médian lors de stimulations du cortex rhinal, qui se situe sous l'hippocampe. Le déjà-vu, lorsqu'il survient par stimulation, "résulte en fait d'interactions complexes entre les cortex rhinaux et l'hippocampe" comme le résume Emmanuel Barbeau, neuropsychologue (Centre de recherche cerveau et cognition, CNRS, université de Toulouse) » Qui ajoute que « ce réseau fonctionne dans une certaine bande de fréquence, appelée bande thêta, qui correspond à un rythme de l'EEG témoignant de la mise en jeu d'un processus de rappel d'informations liées à un événement passé (recollection). »

Le coup de grâce enfin ! : une étude tchèque, parue en mars dernier, « a cherché à déterminer, en utilisant l'IRM cérébrale anatomique en 3D, si des différences morphologiques existaient chez des individus d'un âge moyen de 25 ans (ne présentant pas de trouble neurologique ou psychiatrique) entre ceux présentant des sensations de déjà-vu (87 sujets) et ceux n'en ayant jamais éprouvé (26 sujets). L'analyse révèle l'existence d'une réduction significative du volume de substance grise (cortex) chez les sujets ayant des expériences de déjà-vu. Les anomalies structurales les plus notables concernent notamment l'hippocampe et les cortex entorhinal et périrhinal, structures du lobe temporal médian qui jouent un rôle majeur dans le déjà-vu induit par stimulation chez le patient épileptique. "Dans ces régions, le volume de matière grise est inversement corrélé à la fréquence du déjà-vu chez ces sujets normaux. Il est particulièrement réduit chez ceux qui font des déjà-vu le plus souvent" ».

Au-delà d’une interrogation légitime sur la validité des chiffres avancés au regard de la très faible représentativité tant des résultats que des échantillons, sur l’efficace des antiépileptiques qui feraient cesser les impressions de déjà-vu dit épileptique - tout en sachant que l’interruption du traitement signe leur reprise, nous ne pouvons que mettre en perspective un article paru…en 1919, sous la plume de Sigmund Freud, sous le titre allemand de Das Unheimliche, traduit en français par L’inquiétante étrangeté.

Dans ce texte Freud s’intéresse au concept d’Unheimliche, qui coïncide souvent avec « ce qui provoque l’angoisse » toutefois sans s’y réduire. Un rapide parcours de langues étrangères témoigne de l’absence de mot « désignant cette nuance particulière de l’effrayant. » En revanche, une recherche lexicologique dans la langue allemande se révèle particulièrement féconde. On apprend ainsi que heimlich, qui vient de heim que l’on retrouve dans daheim : à la maison, (équivalent de l’anglais at home), dans verheimlichen : passer sous silence ou encore dans Heimat : le pays natal, la terre-mère…renvoie à ce qui est familier, intime, apprivoisé, confidentiel, pas étranger, qui rappelle le foyer. Mais aussi dans une seconde acception, à ce qui est secret, clandestin, sournois, occulte coïncidant donc avec son contraire unheimlich - le préfixe un en allemand étant privatif -

Et Freud de conclure : « Ainsi heimlich est un mot dont le sens se développe vers une ambivalence jusqu’à ce qu’enfin il se rencontre avec son contraire unheimlich. Unheimlich est, d’une manière quelconque, un genre de heimlich. » Parmi les situations susceptibles d’éveiller avec force ce sentiment d’inquiétante étrangeté, Freud, citant le psychiatre allemand Ernest Jentsch, auteur en 1906 du livre sur lequel il s’appuie Zur Psychologie des Unheimlichen (De la psychologie de l’inquiétante étrangeté), évoque les cas notamment « où l’on doute qu’un être en apparence animé ne soit vivant et, inversement qu’un objet sans vie ne soit en quelque sorte animé » comme la littérature les privilégie – E.T.A. Hoffmann, Shakespeare… - mais aussi tout ce qui touche au thème du double dans toutes ses nuances ou encore ce qui ressortit à la toute-puissance des pensées, issue de l’animisme. Ou encore toutes les situations de répétition involontaire de l’identique, que Freud lie à l’automatisme de répétition, organisateur de l’inconscient psychique, « qui émane des pulsions instinctives…et - qui est - assez fort pour s’affirmer par delà le principe du plaisir. Nous sommes préparés…à ce que soit ressenti comme étrangement inquiétant tout ce qui peut nous rappeler cet automatisme de répétition résidant en nous-mêmes.» Puis de rappeler l’un des fondements de la théorie psychanalytique freudienne, le refoulement et son retour, à savoir que « si tout affect d’une émotion de quelque nature qu’il soit, est transformé en angoisse par le refoulement… » il est des cas où « …l’angoissant est quelque chose de refoulé qui se montre à nouveau. Cette sorte d’angoisse serait justement l’ Unheimliche… » Citant le philosophe Schelling (1775-1854) qui affirme qu’ « On appelle « unheimlich » tout ce qui devrait rester secret, caché et qui se manifeste. », Freud conclut : « La relation au refoulement éclaire aussi pour nous la définition de Schelling. »

On notera avec intérêt que les signifiants freudiens sont ceux-là même que nous retrouvons dans l’article cité : le déjà-vu bien sûr qui concerne les trois patients, mais également l’angoisse, la sensation de dépersonnalisation ; le sentiment d’irréalité et d’étrangeté par rapport à son corps qui affectent Maurice le pompier ; ou encore la sensation de déjà vu qui se complète d’une hallucination visuelle, sensation « quasi orgasmique » chez Fabien, l’ancien parachutiste.

Un autre texte de Freud, plus tardif, écrit deux avant sa mort sous la forme d’une lettre adressée à Romain Rolland pour son 70e anniversaire, vient conforter cette thèse. Après avoir rappelé qu’il a consacré sa vie « à étudier certains phénomènes psychiques inhabituels, anormaux, pathologiques… » et « …à les rapporter aux forces psychiques qui sont à l’oeuvre derrière… » Freud relate un événement datant de 1904 pour lequel il mit très longtemps à trouver une explication.

En voyage de vacances avec son frère cadet à Athènes et alors qu’ils sont sur l’Acropole, une étrange idée lui vient à l’esprit : « Ainsi tout cela existe vraiment comme nous l’avons appris à l’école ! »
Plus précisément ajoute t’il, un dédoublement de sa personnalité se manifeste : une personne qui est convoquée à faire comme si la réalité de l’Acropole était indubitable alors même que son existence lui paraissait incertaine et une deuxième personne qui s’étonne que l’existence de cette même Acropole put faire l’objet du moindre doute. Et Freud d’avancer : « …toute cette situation apparemment confuse…se résout d’un coup si on admet que, sur l’Acropole, j’ai eu ou aurais pu avoir un instant ce sentiment : ce que je vois là n’est pas réel. On appelle cela un sentiment d’étrangeté…Très fréquents dans certaines affections psychiques, ces sentiments d’étrangeté ne sont pourtant pas inconnus de l’homme normal, ils jouent le rôle des hallucinations accidentelles chez les gens sains…On les observe sous deux formes : ou bien une partie de la réalité nous apparaît comme étrangère, ou bien c’est une partie de notre propre Moi. Dans ce dernier cas on parle de
« dépersonnalisation » ; sentiments d’étrangeté et dépersonnalisation font partie de la même catégorie. On peut voir leurs pendants positifs dans d’autres phénomènes, ceux qu’on appelle fausse reconnaissance, déjà vu, déjà raconté, illusions dans lesquelles nous voulons accepter quelque chose comme faisant partie de notre Moi, de la même façon que dans le sentiment d’étrangeté nous nous efforçons d’exclure quelque chose de nous-mêmes. »

L’interprétation que donne Freud de son trouble renvoie à la dimension œdipienne : voir l’Acropole était dans sa jeunesse impensable en raison de la pauvreté de ses conditions de vie. Il désirait voyager pour « …échapper à l’atmosphère familiale… J’avais depuis longtemps démêlé qu’une bonne part de mon envie de voyager tenait à ce désir d’une vie libre, autrement dit à mon mécontentement au sein de ma famille. » La réalisation de ce fantasme de jeunesse ne pouvait donc que susciter l’étonnement mais aussi la culpabilité : celle d’avoir réussi, d’être allé plus loin que le père autrefois critiqué et méprisé.

Lacan abordera également à plusieurs reprises cette question du déjà-vu dans son enseignement.
Dans le séminaire Les écrits techniques de Freud, c’est à l’occasion de son commentaire du texte de Freud sur l’analyse de l’homme -aux -loups : l’hallucination par ce dernier de ce doigt coupé si profondément qu’il ne teindrait plus que par un petit bout de peau, affirme t’il, est un phénomène psychotique ; tout en précisant qu’ « il n'est pas du tout psychotique au moment où il a cette hallucination - il pourra être psychotique plus tard, mais pas au moment où il a ce vécu… »

Et comme tel, il est à comprendre comme une Verwerfung, une forclusion de ce qui pour lui n’a pas existé, « ce quelque chose qui fait que le plan génital à proprement parler a été pour lui littéralement toujours comme s'il n'existait pas », c’est-à-dire la castration, et qui fait retour dans le réel : ce qui n’a pas été reconnu symboliquement fait irruption dans la conscience sous la forme du vu précise Lacan. Et il ajoute : « Si vous approfondissez suffisamment cette polarisation particulière, il vous apparaîtra beaucoup plus facile d'aborder ce phénomène ambigu qui s'appelle le déjà-vu, et qui se situe entre ces deux modes de relations, le reconnu et le vu. Avec le déjà-vu, quelque chose dans le monde extérieur se trouve porté à la limite et surgit avec une présignification spéciale. L'illusion rétrospective reporte ce perçu doté d'une qualité originale dans le domaine du déjà-vu. Freud ne nous parle de rien d’autre quand il nous dit que toute épreuve du monde extérieur se réfère implicitement à quelque chose qui a déjà été perçu dans le passé. »

Ainsi, s’il y a phénomène de déjà-vu, mais on pourrait tout aussi bien dire de déjà-percu, c’est parce qu’effectivement, et pour toute épreuve du monde, comme l’affirme Freud, il n’y a de perçu qui ne fasse référence à un perçu antérieur. Le percu actuel étant de l’ordre de l’imaginaire, « de l’image modèle de la forme orginelle et non du reconnu symbolisé et verbalisé. », de la réminiscence et non de la remémoration.

Dans le séminaire de l’année suivante, il précise : « Le déjà-vu, le déjà-reconnu, le déjà-éprouvé, entrent bien des fois en conflit avec les certitudes qui se dégagent de la remémoration et de l'histoire. Certains voient dans les phénomènes de la dépersonnalisation des signes prémonitoires de désintégration, alors qu'il n'est nullement nécessaire d'être prédisposé à la psychose pour avoir mille fois éprouvé des sentiments semblables, dont le ressort est dans la relation du symbolique à l'imaginaire. »


En 1964, il revient encore sur cette question : « Le heimlich de Freud - et c'est pour cela qu'il est en même temps l'unheimlich - c'est cela que cette chose, ce lieu, cette place secrète où vous, qui vous promenez dans les rues, dans cette réalité singulière, si singulière que sont les rues que c'est là-dessus que je m'arrêterai la prochaine fois pour en repartir, pourquoi est-il nécessaire de donner aux rues des noms propres ? Vous vous promenez donc dans les rues et vous allez de rue en rue, de place en place, mais un jour il arrive que, sans savoir pourquoi, vous franchissez, invisible à vous-même, je ne sais quelle limite, et vous tombez sur une place où vous n'aviez jamais été et que... où pourtant... où vous reconnaissez comme étant celle-là, de place, où il vous souvient d'avoir été depuis toujours et d'être retourné cent fois, vous vous en souvenez maintenant. Elle était là, dans votre mémoire, comme une sorte d'îlot à part, quelque chose de non repéré et qui, soudain, là, pour vous se rassemble. Cette place, qui n'a pas de nom mais qui se distingue par l'étrangeté de son décor, par ce que Freud pointe justement si bien, justement, de l'ambiguïté qui fait que, heimlich ou unheimlich, voilà un de ces mots où, dans sa propre négation, nous touchons du doigt la continuité, l'identité de son endroit à son envers, cette place qui est à proprement parler l'autre scène parce que c'est celle où vous voyez la réalité - sans doute vous le savez - naître à cette place comme un décor. Et vous savez que ce n'est pas ce qui est de l'autre côté du décor qui est la vérité et que si vous êtes là, devant la scène, c'est vous qui êtes à l'envers du décor et qui touchez quelque chose qui va plus loin dans la relation de la réalité à tout ce qui l'enveloppe. »

« Il n’y a pas de prise plus totale de la réalité humaine que celle qui est faite par l’expérience freudienne » affirmait Lacan en 1953. A ce titre, elle a toute légitimité pour interpréter les manifestations psychiques, au rang desquelles, comme nous venons de le voir, s’inscrit le déjà-vu. Et rappeler que l’être parlant, c’est-à-dire celui qui est pris dans les lois du langage, n’est pas réductible à un simple organisme vivant.

Plus d’un siècle après sa découverte, la psychanalyse, tout comme nous y exhorte Hamlet, continue à faire bon accueil à “l’étrangeté”. Et refuse de se précipiter sur le bistouri.






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