lundi 15 septembre 2014

Préambule

Le hasard d’un déjeuner amical est à l’origine de ce blog. Alors que nous étions attablés, la compagne de l’ami en question, que je voyais pour la première fois m’interrogea : alors vous êtes psychothérapeute, me demanda t’elle ? Psychanalyste, lui répondais-je.

Elle poursuivit :  je m’y perds un peu, quelle est la différence entre un psychiatre, un psychologue, un psychanalyste, un psychothérapeute…?

J’aurais pu lui répondre, reprenant la formule de Lacan, « une psychanalyse c’est le traitement qu’on attend d’un psychanalyste » tout en pensant que c’était un peu court. Je m’efforçais donc de lui préciser ce qui pouvait spécifier la psychanalyse.

Bien que fréquemment posée par certains de mes interlocuteurs, et venant s’ajouter aux méprises et autres fadaises que l’on ne manque pas de lire et d’entendre à longueur de temps, sa question m’invitait cette fois à prendre en compte le fait suivant : plus de cent ans après son invention, alors que le nom de Freud est quasiment universellement connu, que les signifiants de la psychanalyse ont envahi le discours courant, nombre de mes contemporains ne savent pas ce qui distingue la psychanalyse des autres dispositifs d’intervention dans le domaine de la psychopathologie.

Pour être dans ce champ de la psychanalyse depuis quelques décennies, j’ai pu vérifier la lente désapprobation qui la touche. L’ignorance de mon interlocutrice me paraissait somme toute préférable à la critique souvent déchaînée qui l’accable - son expulsion du champ de l’autisme n’étant qu’une de ses plus récentes manifestations.

Pour avoir effectué une longue cure, nécessité absolue pour devenir analyste, je suis fondé à témoigner de ses effets. Freud ne manquait pas de dire, à juste titre, que « Nul n'a le droit de se mêler de psychanalyse sans avoir acquis auparavant les notions bien déterminées qu'une analyse personnelle est seule capable de fournir. »

On m’a transmis la psychanalyse, je me sens tenu de la transmettre à mon tour.

Sans aucun prosélytisme toutefois. Même si fidèle à l’enseignement de mes deux maîtres, je pense que malgré les vicissitudes du temps, elle reste incontournable pour qui veut penser l’ordre du monde.

On convoquera aussi ici la linguistique, l’anthropologie, la philosophie, la littérature, les grandes traditions religieuses, les mathématiques, la logique, la topologie…car la psychanalyse, n’a cessé depuis ses origines de se confronter à d’autres savoirs.

On abordera donc tout ce qui concerne le sujet parlant, car comme le précisait Lacan dans sa conférence du 8 juillet 1953, « Il n’y a pas de prise plus totale de la réalité humaine que celle qui est faite par l’expérience freudienne. »

Je convie donc mes lecteurs à se mettre à l’épreuve d’un discours qui viendra balayer bon nombre d’idées reçues, s’opposera au bon sens censé régler nos difficultés. Un discours qui s’intéresse à la modernité et à ses avatars permanents, car le monde d’aujourd’hui n’est en rien comparable à ceux que connurent Freud et Lacan.

Et qui a pour éthique de permettre à l’être parlant de faire valoir son désir, dont Spinoza disait qu’il est l’essence de l’homme.